#NO-KILL : Pour quelques followers de plus !

Grâce aux réseaux sociaux, les pêcheurs 2.0 sont connectés. Depuis quelques années, l’appareil photo, puis le smartphone ont remplacé le panier traditionnel. Fini la photo dans un plat ou dans l’évier, à peine sorti de l’eau, un poisson se fait mitrailler par des “pêcheurazzis” sous toutes ses nageoires et sa frimousse est partagée sur la toile à grand coup de hashtags avec la mention “No-kill forever”. Encore faut-il que ce poisson ne reparte pas à l’envers !

Comme beaucoup d’entre vous, je suis accro aux vidéos et aux photos que l’on partage sur les réseaux sociaux. Il faut l’avouer, certaines photos prises dans des décors fabuleux font rêver. Il y a de très belles photos prises par des pêcheurs consciencieux et capables de s’organiser pour remettre à l’eau un poisson sans que cela ne lui coûte la moindre écaille. A l’inverse, j’ai mal aux yeux et au cœur lorsque je vois des petits poissons à moitié secs sur un cailloux avec la mention “Jolie prise remise à l’eau”. Je ne suis pas le seul que cela choque et généralement les commentaires négatifs ne se font pas attendre. Autre comportement que je trouve assez étrange : poster une photo de chaque poisson d’une sortie (de toutes les tailles). Heureusement je n’ai pas encore vu de pêcheur classer ses photos de la journée en mettant les prises classées par taille sans quoi je penserais à un ancien fan de plat de truite reconverti en “influenceur” halieutique.

Je ne suis pas contre le No-Kill, je ne suis pas contre les gens qui postent des photos sur les réseaux sociaux. Je comprends que pour beaucoup de pêcheurs, cela devienne une source de satisfaction. Chacun trouve son plaisir où il veut, on peut même varier les plaisirs en s’autorisant de garder un poisson de temps en temps. Il faut savoir varier les menus et se rappeler que par essence, la pêche c’est aussi pour manger. D’ailleurs, les américains et les anglais sont bien moins complexés que les français à ce propos. Il est fréquent de voir des poissons pris en photo morts sur certaines pages étrangères, sans avoir un commentaire haineux juste dessous. Comme quoi, le respect des libertés individuelles et la tolérance des sensibilités des autres, sont compatibles avec les réseaux sociaux !

Mais en quel honneur je la ramène ?

Ayant travaillé pendant plusieurs années en tant que chargé de mission en hydrobiologie, j’ai manipulé des centaines de poissons dans un cadre scientifique. Ces poissons avaient été exposés à un ampérage qui vous engourdirait un moment ! Il faut savoir que même après plusieurs captures en pêche électrique, des poissons se portent très bien et continuent de grossir. Pourtant, le stress subi lors des inventaires piscicoles peut être intense. Il y a le “choc” électrique sous l’effet de l’anode, le stockage dans un sceau, puis dans un bac et enfin la biométrie. La phase de mesure se déroule sous anesthésie puis le poisson est placé dans un bac de réveil avant d’être relâché dans son milieu. Sans un minimum de méthode et d’habitude, ces manipulations peuvent provoquer la mort d’un poisson. Pourtant, la quasi totalité des poissons capturés survit grâce aux gestes maîtrisés des techniciens et ingénieurs qui effectuent la biométrie en manipulant rapidement les poissons. A ce jour, il n’existe que cette méthode pour suivre les populations piscicoles des rivières sans avoir à sacrifier de poisson.

Autre expérience dans le domaine de la pêche à la ligne : la compétition. Lorsqu’une compétition de pêche à la mouche se déroule, le principe est de valider les prises uniquement lorsque le poisson est reparti vivant. Pour avoir organisé et participé à différents championnats de pêche à la mouche nationaux ou internationaux, les mortalités sont rarissimes. Les compétiteurs sont rodés, ils utilisent un matériel spécifique et remettent rapidement les poissons à l’eau après la mesure. Je ne pense pas avoir la “science infuse” mais je suis factuel.

Comparaison contemporaine : les gestes barrière pour luter contre le COVID-19 nécessitent un peu d’équipement et de précautions, les gestes à mettre en oeuvre pour prendre un poisson et le relâcher également.

Commençons par l’hameçon !

Plus que la technique que vous employez, l’utilisation d’hameçons simples sans ardillon réduit considérablement le temps de manipulation des poissons et ne marque quasiment pas la gueule des poissons. C’est un peu comme lorsque vous vous piquez avec une aiguille, elle ressort de votre peau avec éventuellement une petite goutte de sang mais deux jours plus tard, c’est déjà oublié. Tentez l’expérience avec un hameçon avec un ardillon et là, vous risquez d’être marqué plus longtemps. Intentionnellement ou non, nous nous sommes tous au moins accroché un hameçon dans un vêtement. Sans ardillon, pas de problème, en moins d’une seconde, la pointe de l’hameçon ressort, avec un hameçon double ou triple muni d’ardillons, c’est une autre paire de manches !

La pince est parfois nécessaire et dans tous les cas vous aurez endommagé votre vêtement en ayant passé plus de 30 secondes à manipuler cet hameçon. Dans la gueule d’un poisson c’est à peu près la même chose à la différence que celui-ci est vivant et qu’il bouge. Dans le cas d’utilisation de plusieurs hameçons sur une même mouche ou un même leurre, il arrive parfois que le poisson se pique à un autre endroit. Bref, les exemples ne manquent pas pour comprendre que plus un hameçon est sophistiqué, moins il sera facile de l’ôter de la gueule d’un poisson.

L’appât du gain

Dans différentes études réalisées aux Etats-Unis, il a été mis en évidence que le type d’appât utilisé pouvait avoir une certaine incidence sur le taux de survie des poissons ( Comparatif cuillère VS appâts naturels ). Comprenez bien que “type d’appât” est un terme générique et que ce terme sous-entend que l’on oppose les appâts artificiels aux appâts naturels. Les mouches artificielles sont très souvent recrachées rapidement par les poissons si le pêcheur n’est pas réactif, puisque ces derniers identifient bien que ce n’est pas comestible. Il est très rare de piquer un poisson en arrière de la langue avec une mouche artificielle. En revanche, avec des appâts naturels, si le pêcheur n’est pas réactif, le poisson a tendance à avaler ce qui lui semble comestible et le risque de piquer l’hameçon profondément est réel. Sans rentrer dans le débat d’opposition entre les techniques de pêche, il est facile de comprendre que plus l’hameçon est piqué loin dans la gueule du poisson et moins il sera facile à décrocher.

Un hameçon piqué sur le bord de la gueule d’un poisson nécessite moins de temps de manipulation, occasionne moins de blessures et favorise la remise à l’eau du poisson. Nous pouvons noter que pratiquer le No-Kill en utilisant un appât naturel tel qu’un ver de terre qui se tortille sur un hameçon avant d’être englouti dans la gueule d’un poisson que l’on remet à l’eau, c’est assez étrange. Je ne parle pas de la pêche à l’aide de vifs ou de poissons morts dans le but de relâcher son poisson favori après le combat.

Etre bon sur toute la ligne

Sur certains parcours de pêche en France et à l’étranger, des indications sont données aux pêcheurs pour éviter qu’ils ne pêchent trop fin. La raison à cela est simple à comprendre : plus une ligne est fine, plus il est probable que vous mettiez du temps à conclure un combat avec un gros poisson. Face à des poissons “méfiants”, il est souvent tentant d’affiner les bas de ligne. Même si les fabricants de fil ont développé des gammes d’une résistance incroyable par rapport au diamètre du fil, tenter de pêcher une truite arc-en-ciel de plusieurs kilos avec un fil de 0,10 mm de diamètre est une hérésie. Vous aurez sans doute pu ferrer le poisson qui même méfiant ce sera laissé berner plus facilement, mais lors d’un combat trop long, l’organisme de celui-ci risque de se gorger d’acide lactique, ce qui rendra sa remise à l’eau très compliquée. Adaptez donc la résistance de votre bas de ligne en fonction des poissons que vous ciblez et tant pis pour ceux que vous ne parvenez pas à prendre. D’ailleurs, la plupart des gros poissons sont plus exigeants sur la qualité de la présentation que sur le diamètre du fil. Alors pêchez en vous appliquant et ne cédez pas à la facilité !

“Une pince mon seigneur une pince !”

Outil indispensable du pêcheur, il faut l’avoir à portée de main facilement pour qu’elle soit utile. Quel que soit le mode de pêche, le type d’hameçon ou d’appât, il est courant d’avoir recours à une pince pour enlever l’hameçon de la gueule d’un poisson. Il y a plusieurs avantages à cela. D’une part, la finesse des mâchoires d’une pince “dégorgeoir” est facile à glisser dans la gueule d’un poisson, d’autre part, l’utilisation d’une pince protège les doigts des dents des poissons. On connait tous un “gars qui sait mieux faire que les autres” qui décroche tous les poissons en insérant le bout du doigt dans la gueule des poissons, à ses risques et périls ! Avec une tanche pourquoi pas, avec une truite c’est plus piquant et avec un brochet cela devient dangereux ! J’en connais qui ont réussi à enlever l’hameçon de la gueule d’un poisson tout en ayant les doigts lacérés par les dents et l’hameçon planté dans l’index ou le pouce. Je vous invite plutôt à utiliser la pince, c’est plus sécurisant pour vous et pour le poisson, c’est normal, c’est fait pour !

Le coup de filet

L’épuisette est très importante dans le cadre de la pêche en “Catch and Release” (prendre et relâcher). Premièrement, mettre fin à la phase de combat rapidement permet d’économiser l’énergie du poisson et donc de lui permettre de repartir facilement. Deuxièmement, l’épuisette évite de casser la ligne inutilement au moment de prendre en main le poisson (cela arrive avec un fil fin) ou de décrocher le poisson sans avoir pu le prendre en photo si tel est votre objectif. Les épuisettes à filet doux ou à mailles enduites sont intéressantes puisqu’elles préservent les nageoires et le mucus des poissons. Il arrive très fréquemment que le poisson se décroche tout seul une fois dans l’épuisette, la plupart des guides américains ne laissent pas toucher le poisson à leurs clients. Ils font en sorte que l’hameçon soit décroché sans contact avec le poisson qui repart très rapidement et dans les meilleures conditions.

Les poissons vivent dans l’eau…

Cela semble évident dit comme ça mais les rappels font du bien ! Il faut privilégier la manipulation des poissons dans leur milieu de vie. Un poisson mis à l’épuisette sera plus facile à manipuler puisqu’une fois dans le filet il a tendance à moins se débattre. Si vous souhaitez prendre une photo d’un poisson avant de le relâcher, laissez-le dans l’épuisette en maintenant le filet dans l’eau le temps de préparer l’appareil ou votre téléphone.

Photo : ne perdez pas l’objectif

Lorsque tout est prêt (poisson dans l’eau, appareil, caméra ou téléphone, allumé), vous pouvez passer à la photo. Dans les meilleures situations, il est préférable de mettre en scène le poisson avec les opercules dans l’eau afin que celui-ci respire bien. Si vous souhaitez lever le poisson un peu en hauteur, faites vite en essayant de réussir 2 ou 3 photos en moins de 10 secondes. Remettez le poisson dans l’épuisette si nécessaire pour vous assurer que vos clichés sont bons et laissez le poisson sorti du filet, tête face au courant pour lui rendre sa liberté. Que ce soit en bateau ou depuis une berge, faites en sorte de ne pas laisser le poisson se débattre sur une surface sèche. Le mucus qui protège les écailles ou la peau des poissons doit être préservé au maximum, d’où l’importance de l’épuisette. Évitez donc de vous mettre en scène au dessus de rochers secs, de sable ou du plancher de la barque ! Si vous prenez soin de placer le poisson au-dessus de l’eau et que celui-ci vous échappe des mains dans un mouvement très soudain, il repartira à l’eau de lui même. Ce même sursaut au-dessus des galets pourrait vraiment lui occasionner des blessures inutiles voire fatales.

La tenue du poisson

Comme pour les selfies, les “selfish” donnent lieu à de véritables surenchères ! Pourtant, un poisson n’est pas fait pour être tenu dans tous les sens. La meilleur façon de présenter un poisson reste à l’horizontale en le maintenant à une ou deux mains en fonction de sa taille. Il faut absolument éviter de tenir un poisson par les opercules ou les “ouïes” comme disent certains. Si vos doigts entrent en contact avec les branchies, ils peuvent les endommager. Cette partie qui correspond aux “poumons” des poissons est d’une grande fragilité. Selon l’espèce de poisson, vous pouvez également vous blesser si l’un de vos doigts entre en contact avec l’une des dents (branchiospines) placées sur l’un des arcs branchiaux. Bref, faites en sorte de tenir le poisson sans le serrer et laissez-le repartir le plus vite possible. De belles photos vous pourrez en refaire, notamment avec ce beau poisson auquel vous venez de rendre sa liberté, avec un peu de talent ou de chance il gobera à nouveau votre mouche et sera devenu un peu plus gros !

Souvenir d’une grosse truite décrochée à quelques centimètres de l’épuisette !

Une photo est-elle pour autant un bon souvenir ?

Attention, on attaque la philo ! Un de mes amis m’avait confié ne plus prendre de photo de ses grosses prises (qu’il ne partageait pas nécessairement sur les réseaux sociaux). Je ne doutais pas de ses talents de pêcheur puisque je l’avais vu de nombreuses fois à l’oeuvre, mais à travers nos discussions je comprenais qu’il avait souvent pris de très beaux spécimens sans jamais qu’il ne prenne de photo. Il m’a expliqué qu’entre les poissons dont il avait une photo et ceux dont il n’en avait pas (faute d’appareil ou de photographe !) il se souvenait toujours mieux de ceux dont il n’avait aucune photo. J’adhère aussi à cette idée. Sans nourrir la légende du pêcheur menteur, qui ajoute quelques centimètres à ses prises au fur et à mesure qu’il raconte ses histoires de pêche, il y a certains poissons dont je me souviendrai toute ma vie sans avoir de photos. Il est même possible que l’on se souvienne mieux d’un gros poisson qui nous a cassé, plutôt que d’un poisson de taille honorable dont on a 10 photos.

Chacun a le droit de pratiquer sa passion comme bon lui semble à partir du moment où il respecte la réglementation. Nous avons tous nos préférences et devons rester prudents quant à la manière dont les photos que nous partageons peuvent se retourner contre nous à travers des messages injurieux et souvent fratricides (débats entre pêcheurs “No-Killeurs” de différentes sensibilités).

Je vous laisse y réfléchir et merci de veiller à mettre en application les bons gestes avant de poster un selfish avec le #NOKILL. A lire également l’article du site www.moucheur.com dans lequel vous retrouverez différentes références bibliographiques consultées pour rédiger cet article : http://www.moucheur.com/mortaliten.html

Florian CARAVEO

6 réflexions sur “#NO-KILL : Pour quelques followers de plus !”

  1. Je viens de prendre connaissance de votre article. Un simple commentaire ne suffira pas à simplement effleurer un sujet qu divise (c’est un euphémisme) les pêcheurs de truites. Je voudrais cependant faire deux remarques.
    La première concerne les conséquences néfastes de la remise à l’eau du poisson (à moyen et long terme) sur le comportement et la santé du poisson. A mon avis elles sont largement mésestimées : exposition à l’air libre trop fréquente, mucus détérioré en permanence et donc transmission potentielle de maladies, déversement répété d’acide lactique, comportement erratique du poisson,incidence sur ses capacités de reproduction, et plus largement bouleversement de l’ordre naturel des choses etc etc etc. Cependant je veux bien comprendre votre façon d’opérer dans la mesure où elle s’accompagne d’une ardeur équivalente dans la protection de nos cours d’eau.
    Ma deuxième remarque concerne l’état d’esprit qui anime le pêcheur qui s’enorgueillit de pêcher en “no kill”.N’oublions jamais que cette pratique nous vient d’outre atlantique et que donc elle reflète une culture sensiblement différente de la nôtre. Voilà pourquoi elle suscite de si vives réactions ! Pour moi qui suis fils de paysan béarnais à l’ancienne ( terrain pentu, pas d’eau ni électricité etc etc ) il est inconcevable d’envisager le remise à l’eau systématique du poisson. Mais comme il faut que chaque pêcheur , à son niveau, tente de protéger un poisson parfois menacé de disparition voici ce que je suggère :
    Cesser de le considérer comme un ballon de football et dès la première ou la seconde prise remiser sa canne à pêche et prolonger le plaisir de la pêche en s’abandonnant aux infinis plaisirs de la contemplation, qui précéderont ceux de la dégustation. Et si le désir de pêcher est trop intense faire en sorte de pêcher avec des moyens primaires pour retarder la prise d’un poisson. C’est d’ailleurs ce que vous suggérez en prônant l’utilisation d’un gros nylon !
    Cela dit je respecte votre façon de penser et pour conclure je vous livre une pensée de Lord Edward Grey of Fallodon que je fais mienne : “Mais pour nous qui, dans notre jeunesse, avons aimé toutes ces choses qui passent ou sont passées, il ne faut pas nous demander de reporter notre affection sur les nouveautés qui font les délices des générations nouvelles.”
    Cordialement
    Abram André

    1. Florian CARAVEO

      Merci pour votre commentaire très intéressant M. Abram,
      concernant votre première remarque, votre niveau de connaissance au sujet des poissons est sans doute plus important que celui d’un pêcheur novice et les mortalités liés à la remise à l’eau sont rarement évaluées au delà de 72 heures. Scientifiquement il y a un vide à combler.
      Toutefois, dans les études auquelles j’ai pu participer, le taux de recapture des ombres ligériens adultes sur le haut Allier était significatif (plus de 50% sur les stations accessibles) à l’aide de pêche électrique sur des secteurs fréquentés par des pêcheurs pratiquant le No-Kill, alors que ce poisson est réputé fragile. Les individus absents des échantillonnages ayant pu mourir naturellement ou suite à leur prélèvement (pêcheurs ou prédateurs).En supposant que les ombres qui vivent en bancs sur des portions de rivière très accessibles, soient tous pris une ou plusieurs fois par an et remis à l’eau, finalement un nombre significatif survit. D’ailleurs, depuis que l’espèce est en No-Kill intégral sur l’Allier amont, les populations croissent (aux dires des guides qui fréquentent régulièrement la rivière). Les ombres de l’Allier ne sont pas pour autant tirés d’affaire si la qualité de l’eau se dégrade (principale cause de la raréfaction des poissons). Mais une prise de conscience des pêcheurs a permis de maintenir en place ce poisson unique en Europe. Ayant pu comparer des structures de population de truites en secteurs No_Kill et hors secteur No-Kill, il est vrai que le prélèvement peut contribuer à la dynamique des population,s mais dans certains cas, le nombre de géniteurs est très faible en fin de saison (sous l’effet d’un prélèvement trop important). Dans un secteur No-Kill le nombre de juvéniles peut aussi être faible ce qui traduit une forte prédation des congénères plus âgés.
      Pour moi, il faut un juste milieu qui tienne compte du potentiel réel de production d’une rivière, qui ne se quantifie pas en nombre de poisson par jour et par pêcheur mais plutôt en nombre de poissons prélevables par année sur une longueur de rivière donnée (1km par exemple). Ceci revient à définir un nombre de poisson à prélever par pêcheur et par an. Nous n’y sommes pas encore bien que d’autres pays aient franchi ce cap.
      Vous semblez très sage, je suppose que vous ne prélevez que ce dont vous avez besoin, ce qui n’est malheureusement pas le cas de tous les pêcheurs.
      Il faut savoir composer avec les différentes sensibilités et il me semble qu’un pêcheur devrait connaître un minimum de bonnes pratiques, ne serait-ce que pour remettre à l’eau correctement les poissons trop petits pour être conservés. Savoir bien sacrifier un poisson plutôt que de le laisser mourir dans un sac en plastique pourrait aussi être enseigné.

      je cite Alain Leblais : “Dans la vie, rien n’est obligatoirement mauvais ou bon, tout est question de dosage et de point de vue.
      Cordialement
      Florian

      1. Bonjour Florian,
        Article très intéressant que j’ai eu plaisir à lire ainsi que d’autres publications sur ton site.
        Par contre, pour les ombres du Haut Allier que tu évoques dans le commentaire ci-dessus, je ne dois pas pêcher la même rivière que les guides que tu cites. La population des ombres du Haut Allier entre Langogne et Luc continue sa lente mais inéluctable disparition, plus lente car on pratique depuis 5 ans une régulation plus forte des cormorans. Régulation mal adaptée au temps de présence des cormorans sur la rivière. Pendant cette régulation 2019/2020, 53 cormorans ont été régulés sur ce secteur de rivière en amont de Langogne.
        https://pechestetienne.jimdofree.com/activit%C3%A9s/2019/r%C3%A9gulation-2018-2019/
        Au plaisir de se revoir.
        James

        1. Bonjour James,
          Merci d’avoir pris un moment pour lire cet article. N’ayant pas eu le loisir de me rendre dernièrement sur l’Allier et je te fais confiance pour l’observation des ombres.
          La problématique du cormoran est aujourd’hui très bien documentée notamment dans des pays européens où le déclin de l’ombre est spectaculaire. Les pêcheurs sont les premiers à pouvoir faire de bonnes observations de terrain et à protéger les populations piscicoles. L’objet de mon article est bien de mettre le doigt sur le devoir “d’exemplarité” si nous voulons être crédibles aux yeux de ceux qui ne vont pas voir les rivières. Cela passe malheureusement par la mise en place de mesures qui peuvent pénaliser certains pêcheurs (ceux qui souhaitent aussi manger un poisson de temps en temps).
          L’Europe semble s’emparer davantage du problème “cormoran” grâce aux différentes études menées dans différentes régions européennes. Je t’invite à lire ce document très instructif (c’est en anglais par contre) : https://ec.europa.eu/environment/nature/cormorants/files/Cowx_Report_for_Parliament.pdf
          Au plaisir
          Florian

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