Pêche en lac d’altitude (partie 2) : l’approche

Il y a la connaissance des lacs et la connaissance des techniques de pêche à la mouche adaptées à ces milieux ! La lecture des postes se rapproche de celle de la pêche en rivière mais il faut aussi savoir varier les styles de pêche en fonction des conditions. Cet article est consacré à l’observation de la configuration des lacs pour vous permettre de mieux vous adapter.

1°) Comment aborder un lac de montagne ?

Comme vous l’avez sans doute lu dans la partie 1, les lacs de montagne sont très variés. Votre sens de l’observation va vous guider, et si vous analysez bien la configuration d’un lac, vous trouverez des poissons. Les lacs d’altitudes peuvent être riches en végétation rivulaire ou entourés d’une pelouse. Certains lacs sont très profonds, d’autres présentent des variations de profondeurs observables à l’œil.

Les lacs des Camporells (à gauche un lac très diversifié avec une forme irrégulière, à droite un lac plus régulier et globalement plus profond).

Si c’est la première fois que vous découvrez un lac, il est facile de faire un petit inventaire des meilleurs postes. Voici une méthode que j’applique généralement même en réservoir.

Le choix du 1er poste.

La forme du lac, un lac qui est marqué par des anses ou des pointes est plus varié qu’un lac rond. Les pointes sont généralement d’excellents postes et permettent d’avoir une vue assez large sur un lac pour observer l’activité des poissons. En plus d’être de bons postes d’observation, les pointes sont souvent des lieux de passage pour les poissons.

Les anses peuvent êtres des lieux de regroupement des poissons si la nourriture y est abondante. Si le vent souffle et que les vagues sont bien formées dans une anse, il faut absolument y aller !

En l’absence de pointes ou d’anses marquées, les arrivées d’eau sont souvent excellentes. il faut approcher méthodiquement ces postes pour en tirer profit.

Les affleurements rocheux, les herbiers ou les berges accidentées sont souvent les lieux de résidence des poissons. Ces structures sont faciles à distinguer et leur prospection peut se faire assez rapidement. Ainsi en présence de poissons actifs à proximité des berges, des blocs et des herbiers, l’effort de pêche se concentrera sur ces postes.

Les postes ne sont pas bon toute la saison.

Comme écrit dans la partie 1, les poissons n’ont pas le même comportement en fonction des températures. Voici deux illustrations pour vous aider à appréhender le positionnement des poissons en fonction de la saison. Il s’agit de situation théoriques, vous trouverez rarement des contextes aussi « marqués » que ceux présentés ci-dessous. Votre sens de l’observation et votre capacité d’analyse vous aideront à vous détacher de la théorie.

Le lac est encore froid et les poissons sont rassemblés dans le secteur profond.

On peut supposer que la période la plus compliquée pour la pêche à la mouche corresponde à la période de dégel. Ceci reste une approche « théorique » et il n’est pas impossible d’observer des gobages en journée même dès l’ouverture de la pêche en lac. La végétation aquatique est rarement visible en début de saison, les herbiers se développent lorsque l’eau se réchauffe. Si vous localisez une zone profonde, Il faut parfois pêcher avec des soies très plongeantes pour réussir à prendre quelques poissons.

La température de l’eau est plus clémente pour l’activité des poissons qui se sont répartis.

Une fois que les températures sont plus clémentes, les poissons remontent sur les secteurs de haut fond, retrouvent les postes en bordures et deviennent plus faciles à observer. Dans ce contexte, la pêche se fait essentiellement à proximité de la surface à l’aide de soies flottantes. Si les poissons ne montent pas, une pêche en soie intermédiaire est possible avec des mouches noyées ou au streamer par exemple.

Le sens du vent.

C’est pour moi l’un des facteurs les plus importants pour réussir une pêche en eau close. En lac, les insectes terrestres comme les insectes aquatiques subissent l’effet du vent. Les poissons vont se concentrer où la nourriture est abondante. Les insectes en dérive sous la surface et/ou piégés par les vagues sont emportés par le vent. Le vent forme des courants en surface qui concentrent la nourritures. De la même manière qu’en rivière, les poissons se placent où la nourriture arrive. Alors même si pêcher avec un vent de face ou de travers n’est pas aussi facile qu’avec le vent dans le dos, il vaut toujours mieux pêcher où il y a de la vague ! D’ailleurs, les poissons sont généralement plus près de la surface lorsque l’eau est agitée.

Même un lac en apparence très homogène peut devenir très facile à aborder en présence de vaguelettes.

Pêche en sèche dans les vaguelettes à la recherche de truites arc-en-ciel.

Quelques informations utiles sur le comportement des poissons :

Les truites fario se postent principalement le long des berges et à proximité des postes. Les truites arc-en-ciel adoptent un comportement plutôt pélagique et naviguent un peu plus au large au gré du vent.

Les saumons de fontaines ou ombles de fontaine adoptent un comportement assez proche de celui de la fario. Ces poissons sont très territoriaux et restent généralement sur des secteurs riches en blocs et/ou en végétaux.

L’omble chevalier et le christivomer sont des poissons qui affectionnent les lacs très froids avec des secteurs profonds. Ils sont rarement présents en bordure ce qui implique une recherche spécifique.

L’observation des poissons.

Vous-vous promenez avec votre matériel, soudain vous distinguez clairement des poissons en activité, n’attendez-pas ! Les moments d’activité sur les lacs peuvent être courts et il faut en profiter. Comme en rivière, les insectes aquatiques peuvent émerger en quelques minutes. Si vous manquez ce moment, la pêche sera plus difficile à appréhender.

Avec les observations faites depuis le 1er poste, je vais déjà avoir une idée de la pêche. Si les quelques techniques essayées ont permis de capturer un ou plusieurs poissons, je vais décider de trouver une autre zone de pêche similaire. Si rien ne fonctionne, je vais me déplacer sur un poste très différent et réitérer des essais.

Même à quelques centimètres d’une berge, un poisson peut trouver de quoi se nourrir. C’est d’ailleurs très souvent à proximité des berges que la nourriture est la plus abondante.

Dans la partie 3, j’aborderai le matériel type pour la pêche en lac et les techniques essentielles à utiliser.

A très bientôt.

Florian

2 mouches indispensables pour la pêche en lac de montagne :

Vidéo de montage : la fourmi et le scarabée

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